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Les aventures de l'équipage du CarrickProchain départ avril 2008 de France avec 2 voiliers (dont Bonnie & Delphinéa) |
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26 marzo IMPORTANT - NOTEZ BIEN!!Bonjour,
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The Webmester 06 marzo Un de mes coéquipiers dans cette aventure est...Mon ami et photographe Guy Boily, et sa conjointe Lucie Granger : deux kayakistes émérites avec qui nous avons beaucoup d'atomes crochus seront avec nous.
Un nouveau projet, une nouvelle aventure...Un nouvel équipage quittera Longue-Pointe de Mingan le 28 mars prochain. Ils prendront l'avion pour la France où ils prendront le train pour leur port de départ. Un nouveau défi, trois voiliers inconnus, trois équipages inconnus mais, un océan connu avec des destinations connues sans être explorer à fond... Un odyssée à suivre! Deux marins à suivre : Charles Kavanagh, capitaine-guide et Anne Ward, première matelotte globetrotteur.
La webmestre Dernier petit mot sur l'aventure de l'Atlantique nordLe retour sur terre: après une aventure de 410 jours sur la mer.
Bonjour à vous et Au revoir,
Bonjour car nous espérons que les jours qui suivront, seront riche de rêves, d’aventures, d’amour, de partage avec ceux que vous aimez. Bonjour car au fil du voyage, vos gentillesses étaient souvent un réconfort pour l’équipage (marin et terrien) et mettaient fin aux doutes et aux incertitudes de ce périlleux défi. L’équipage était Marin et Terrien car si vous vous souvenez sur l’eau vivait Charles, Daphné, Charlène et sur terre, Anne et Guillaume (mère & frère). Bonjour car la fin de ce voyage n’est pas une fin en soi, voyons le comme le début d’une vie plus riche. Ce voyage n’a fait que nous faire entrevoir la vraie vie.
Au revoir car nous nous préparons à hiverner avec Carrick. Charlène, la cadette reprend sa terminale, elle entreprend son secondaire 5 en fonçant et en étant très motivée. C’est son défi de cette année, c’est son aventure. Charles, mon papa a repris ses activités professionnelles le 01 octobre. Il faut payer les dettes de nos 410 jours d’aventure. Daphné, moi j’ai commencé à travailler dans une école Innu en tant qu’éducatrice spécialisée, un beau défi qui s’offre à moi et c’est l’emploi que je désirais. Encore un gros merci pour votre support.
Bref, comment s’est déroulé notre retour à la maison? Nous sommes arrivés comme promis le 03 septembre 2004, à 17 heures tapant sous les applaudissements et les cris de joie de notre famille et des gens venus nous accueillir. Le Carrick mûrit d’un épopée de 14 mois, est entré humblement sous voile et sous le claquement de son grand pavois. Le drapeau québécois à droite de sa mâture, le pavillon municipale de Longue-Pointe de Mingan sur bâbord, le pavillon canadien trônant à côté du capitaine et tout les drapeaux des pays visités en grand pavois sur la proue.
L’équipage était complet, ma mère Anne et notre chien Plume étaient à bord avec nous trois. Mon frère Guillaume était sur notre bord dans un canot moteur accompagné de nos amis. Comme dans les transats, nous avons allumé des fusées pyrotechniques à main. La corne de brume répondait à la clameur de nos amis terriens. Toutes les émotions nous secouaient. La joie était à son paroxysme. Nous avons fait un tour d’honneur devant le quai de Mingan pour notre plus grand plaisir et sous le regard ravi des gens rassemblés ainsi que l’œil attentif de la caméra de TVA. C’est 3 marins qui mirent pied à terre, 2 matelots sures d’elles qui amarrèrent Carrick, ce n’était plus les manœuvres maladroites de 2 enfants mais, de marins aguerris. Le capitaine a réalisé son rêve, le capitaine a partagé son rêve, le capitaine nous a fait VIVRE. Enfin.
Ce fut embrassade sur embrassade, un tourbillon de mains tendues, d’accolades et de photos. Nous étions étourdis, éblouit, ébahis. Nous n’arrivions pas à réaliser et à y croire. Tout cela semblait si irréelle. Une douche aux champagnes nous remit plus ou moins les esprits en place. Les gens étaient incroyables. Après l’entrevue avec TVA, un vin d’honneur nous fut offert gracieusement par Danielle Kavanagh, « Bistrot Le phare » où nous pûment discuter un peu avec les gens.
L’expérience de 14 mois ne s’oublie pas en un instant, elle est nôtre pour toujours. Lorsque finalement, nous avons réalisé que c’était pour un temps indéterminé mais, plus de 10 jours que Carrick était amarré. Lorsque nous avons réalisé que c’est à terre que nous allions dormir. Lorsque nous avons réalisé que l’hivernage cette année se ferait à terre. L’ambivalence de nos sentiments nous frappèrent de plein fouet. Nous sommes heureux d’être à la maison, heureux de revoir famille et amis, heureux d’avoir une bonne douche, un bon lit et tous les luxes de la vie terrienne. Le « hic » est qu’une vie de nomade aussi dure est-elle, est aussi très riche. Comprenez. Nous en avons eu plein les yeux de par les paysages, plein la bouche de par la gastronomie, plein la tête de par l’histoire, la culture, plein le cœur, de par les rencontres et dû aussi par la gentillesse spontanée des gens rencontrés ou des internautes qui nous ont suivi via le site.
Merci, merci beaucoup. À bientôt. Livre de bord- du 19 au 25 août 2004Jeudi, le 19 août 2004 (jour 394)09h20 nous quittons notre mouillage temporaire pour se remettre aussitôt en route vers le sud du pays. Le soleil et la faible couverture nuageuse nous annonce une autre belle journée en perspective. Nous recevons un léger vent provenant du Sud-Est qui est trop faible pour maintenir gonflées, les voiles. La houle elle, elle est bien établie et nous brasse la cage au rythme de ses vagues. 12h28 nous sommes maintenant à 29,7 milles du Fjord d’Hebron, le temps est beau mais frais. C’est comme si nous naviguions dans de la mélasse gelée car nous n’avons que 11 milles au compteur depuis notre départ, c’est moins de quatre milles marins à l’heure (4 nœuds). 16h05 nous maintenons le même rythme avec encore 18,5 milles à faire. Il ne faut pas regarder la moyenne d’un quart mais la somme d’un voyage car sinon, lorsque nous avançons à pas de tortue comme maintenant, il y aurait place au découragement. Nous franchissons le cap Uivuk, soit la pointe Ouest du fjord Saglek, là où se trouve encore des vestiges de la dernière guerre froide sous la forme d’une base de radar de la ligne DEW. N58029’/W062030’. Les coupoles de radar sont bien visibles, toutes blanches, sur le haut de la falaise. À l’époque il y avait une centaine de personnes qui vivaient ici. Maintenant cette base n’est plus opérationnelle. Il n’y aurait qu’une équipe de personne travaillant à décontaminer le site de tous ses déchets toxiques pour l’environnement (BPC) car le poisson du secteur n’est plus comestible pour la santé humaine. 20h54 nous mouillons l’ancre dans quatre mètres d’eau, juste devant l’ancienne mission morave de Hebron. En tournant en rond, avant de mouiller l’ancre, afin de s’assurer que les fonds sont clairs de tout risque d’échouage, nous avons heurté un récif immergé que l’éclairage du soleil ne nous permettait pas de repérer à temps avant l’impact. Le mât en a vibré malgré le fait que notre vitesse était sous les deux nœuds. Cela surprend toujours et fait peur. 23h30 nous revenons à bord du bateau avec une boite de victuailles reçu en cadeau de la part du chef de camp : Tammy et de Melo, le cuisinier. Les seules personnes qui sont ici, le sont pour reconstruire ou plutôt effectuer des travaux majeurs de réparations de la vielle église morave. Ce site fait partie des sites historiques canadien et Parcs Canada en est le bailleur de fond. Il reste encore debout de sept à huit maisons mais, leur état demande de lourd travaux de réparation. L’endroit est comme la réputation de l’église morave, sans luxe et faste. Le contremaître de chantier, Tammy, était intéressé par notre histoire, nous lui apportons une rare distraction car il est ici jusqu’au 23 septembre sans jamais sortir d’ici. Ils en ont pour quelques années à retaper les lieux. Pendant que nous étions là, un Inuit est revenu avec une tête de Caribou qu’il venait d’abattre car cet animal venait de se faire blesser mortellement par un ours. Il ne pouvait pas dire si c’était un ours polaire ou un noir. Cette anecdote nous permet de comprendre davantage et de nouveau, la réalité de ce territoire arctique. Ici la lutte pour la survie est une préoccupation pour tout le règne animal, l’homme y compris. Alors, pour survivre, mieux vaut porter un arme avec soi. Nous revenons à bord avec du lait condensé, du chocolat en poudre(?un bon chocolat chaud! Hum!?), du «fromage» en pot de type «Cheez Whiz» et du beurre d’arachide. Nous goûtons de nouveau aux produits américains après un an de «régime». Vendredi, le 20 août 2004 (jour 395)La brume est installée dans le hâvre et la pluie tombe en trompe. Mieux vaut lézarder encore quelques heures à la chaleur de la couchette que de se faire tremper pour je ne sais pas combien de temps. 11h08 l’ancre est levée et rangée dans le coffre du bateau. La pluie s’est arrêtée et le ciel semble vouloir s’éclaircir. La brume est encore présente par gros bancs d’ouate qui ondulent au gré des formes des îles. Avant de sortir de notre mouillage, la quille insiste pour aller frotter bruyamment les roches du fond. Elle n’a sûrement pas apprécié son contact d’hier soir. On devrait être tranquille pour un bout de temps, maintenant qu’elle s’est vengée. À la lecture de la carte, j’essaie de franchir le passage situé entre l’île Kingmiktok et la Harp Peninsula. Malgré le fait que la carte n’indique pas de profondeur je rebrousse chemin à l’entrée de la passe car les fonds remontent constamment et sont maintenant à sept mètres. Sur la carte la couleur est blanche, ce qui signifie que je devrais avoir au moins dix brasses (environ 20 mètres). Trouille ou pas, je décide de ne pas aller plus loin pour investiguer les fonds et décide de faire le tour de l’île par le Nord. Ce détour nous coûtera une heure de plus. La brume se lève par endroit et nous permet une visibilité de deux milles. Vers 13h00, le soleil apparaît et fait fondre tous les bancs de brume en envoyant quelques arcs-en-ciel, les mangeurs de brume. 17h00 nous sommes à la hauteur de Finger Hill Island ce qui nous donne encore plus de 107 milles pour Nain, en ligne droite bien sur, car la réalité est tout autre. 19h55 nous donnons une pause au vaillant moteur en installant les voiles en ciseaux. Le vent n’est pas très fort et elles ragues souvent dû à la houle qui nous arrive du large. 23h30 le vent du Nord-Est, que nous recevions à une force d’environ de 10-15 nœuds, s’est essoufflé rapidement. Nous ramenons les voiles pour les enfourner dans leur sacs et relançons le moteur qui pousse notre coque contre les houles qui persistent. Nain est maintenant à 76 milles devant nous. Samedi, le 21 août 2004 (jour 396)La nuit est parcourue par la danse des aurores boréales. Elles ondulent comme un long fanions qui s’agite au vent. De temps à autre et régulièrement, un frisson électrique fait réagir leurs photons qui les colorent de haut en bas. Elles s’agitent constamment sans jamais s’arrêter. Nous avons droit à un jeu de forme constamment renouvelé en plus que les nuages viennent ajouter à la féerie en nous gratifiant de jeux d’ombres parfois fort attrayant. Il nous suffit de lever la tête et d’attendre que le spectacle se poursuive. La brume s’installe au milieu de la nuit et rend la visibilité complètement nulle, c’est-à-dire, à la limite du rayonnement du halo de nos feux de route. Ces moments sont lourds pour les quarts de veille et nous fatiguent rapidement. C’est sans compter l’humidité qui s’installe partout. 08h40 la brume se lève partiellement pour complètement disparaître au fur et à mesure que le soleil s’élèvera vers le zénith. Nous captons pour la première fois depuis que nous avons touché la côte canadienne une station côtière : Labrador Coast Guard Radio. Maintenant, nous pouvons rejoindre qui que ce soit par radio et aussi, recevoir les conditions météo. Nous sommes par N56058’ de Latitude et par W061006’ de longitude. Nous essayons le passage situé entre l’île Aulatsivik et la côte, il débute par le lieux appelé Port Manvers. Ce passage est long de 38 milles. Le problème que nous rencontrons pour entrer ici est que n’avons qu’une carte à l’échelle de 1 :1 000 000 (un million) disons que c’est loin de la formule idéale car même les îles sont trop petites pour que leur nom y apparaissent. Nous traversons actuellement l’endroit où se trouve le plus grand nombre d’îles de toute la côte du Labrador. Il y a en a sur plus de 40 milles de large. Aux îles s’ajoutent les profondes baies, les fjords, les multiples hauts-fonds et sans compter la quantité démentielle de récifs et d’endroits non cartographiés. Alors débute ce que nous pouvons appeler une navigation aux fesses serrées pour un bon bout de temps. Rien de reposant devant. La journée se passe à lire et relire les Instructions Nautiques, à avoir un œil constamment fixé sur le sondeur, à utiliser la loupe pour grossir le moindre détail de la carte. Il faut relire et relire les informations afin de se faire une carte mentale des lieux. Je dois me monter un système parallèle d’information sur la carte en ajoutant les noms des lieux et les points de repère en traçant des flèches qui m’amènent à la marge de la carte. La loupe n’en fait pas une carte plus précise. Il manque tout simplement de place sur la carte pour y mettre toutes les informations, c’est pourquoi il y a des cartes de différentes échelles. Nos jumelles sont constamment utilisées afin de deviner ce qu’il y a plus loin devant nous. Elles nous permettent de déceler les endroits où l’eau est peu profonde, de repérer un remous qui indique l’endroit où une roche se dissimule sous la surface et surtout pour nous permettre de nous faire une idée générale de la configuration du terrain. De voir si c’est un passage entre deux îles ou un simple fond de baie, un cul-de-sac. Dans les passages étroits nous rencontrons un courant contraire qui s’ajoute au vent de Nord-Ouest, donc comme pour «changer» , un vent de face. Bref, à plusieurs endroits nous faisons pratiquement du «sur place» avec une vitesse d’un demi-nœud. Notre vitesse la plus rapide ne dépasse pas trois nœuds. Nous voyons nos premières épinettes noires, des mélèzes et des bouleaux. Le vent est chaud, le soleil radieux et, avoir une carte à la bonne échelle (à titre d’exemple 1 :100 000) cette navigation serait des plus agréables car le lieux est magnifique. Vers 18h00 nous commençons à avoir l’avantage du courant qui nous propulse à des vitesses de 6 et 7 nœuds sur de courte distance, dans les passages étroits. Nous rencontrons qu’une seule embarcation, sur la fin de la journée. 22h31 nous frappons nos amarres sur une partie du quai en réparation de Nain. Comme le camion d’essence est sur place j’en profite pour effectuer le plein d’essence tout de suite. C’est la raison principale de notre venue ici, nos réserves sont à sec. L’essence nous coûte 0,97$ du litre comparativement à 0,55$ litre à Nuuk. 176 litres embarque à bord et cela représente notre consommation des dernières 128,4 heures de notre moteur qui s’en tire avec une moyenne de 1,375 litre à l’heure. Pas pire pantoute. Nos activités suivent dans l’ordre, l’achat de pain au dépanneur du coin, un coup de téléphone à la maison pour donner signe de vie et la prise d’une bonne douche chaude à l’usine de pêche de transformation du pétoncle. Au Labrador, toutes les usines de transformation des produits de la mer mettent à la disposition des pêcheurs des douches, machine à laver le linge et sèche linge. Alors, pour le visiteur en besoin tout peut s’organiser en autant que l’on respecte les lieux et les heures d’ouverture de l’usine. Dimanche, le 22 août 2004 (jour 397)Le soleil est toujours de la partie et le thermomètre indique à l’ombre un beau 140C. Le changement d’huile est effectué et le bateau est prêt à reprendre la mer. Depuis que nous sommes ici, lorsque l’on se présente à une autre personne, certains hommes, en donnant la main, essaient constamment de poigner le cul des filles de leur autre main libre. Dans la rue, des jeunes garçons font de même mais, sans donner la main au préalable . Ce n’est pas très évolué comme civilité. Heureusement, qu’il ne faut pas généraliser. Daphné et Charlène rencontre Martial Després et son fils Léandre Gauvin (9 ans) qui sont ici pour tourner des images sur les réactions lors d’une prise de contact entre les Inuits et un jeune blanc de la ville (Léandre), ils sont de Longueuil. Ils souhaitent tourner des images sur notre périple car nous véhiculons un message semblable au leur. Nous parlons de quelques aspects de notre voyage durant plus de 40 minutes de film. Nous réalisons qu’il n’est pas simple de résumer ce voyage en trente minutes. 17h12 nous avons terminé de paraître devant la caméra, maintenant nous lâchons les amarres pour Cartwright situé à plus de 260 milles d’ici. Nain ne nous a pas charmé outre mesure. Nous avons passé le stade où l’on pourrait être envoûté par la turbulence et parfois, par l’insolence de toute une bande de gamins qui ne savent pas quoi imaginer pour attirer votre attention. Ils savent très bien demander pour des «Loonies» (des pièces de un dollar) ou encore jeter une grosse pierre entre le quai et le bateau pour nous faire sortir du carré à toute vitesse croyant qu’un enfant est tombé à l’eau. L’alcool et les problèmes secondaires qui y sont associés, sont omniprésent chez toute la gamme d’âge de la communauté. Ce n’est pas très charmant comme résultat. Comment redonner la fierté à ce peuple aux racines plus que millénaires et doter d’une ingéniosité constamment renouvelée? Le gouvernement de Terre-Neuve tente de s’assurer de la transformation sur place du minerai de nickel qui a été trouvé juste à côté, à Voiseys Bay. Cette profonde baie est située entre Davis Inlet et Nain. Une mise en valeur du minerai sur place permettrait à une partie des gens qui le veulent de se sortir la tête hors du contexte socio-économique dans lequel ils évoluent. Ici, se trouve la première église morave implantée au Labrador en 1771. Elle est encore debout même si le toit ondule un peu. Quoique ici, nous avons trouvé que plusieurs bâtiment avaient les fondations qui aimaient le sens de la vague, elles ondulent. Est-ce dû au phénomène de gel ou encore à un manque d’entretien? Bref, Nain ne nous a pas épaté. La région géographique de sa localisation est splendide. Un immense territoire de navigation protégé de la haute mer par une série d’archipel, de haut-fonds et de récifs. La durée de notre séjour ici ne nous permet pas d’en apprendre suffisamment sur la qualité des lieux en matière de chasse et pêche. Juste en face de Nain, sur l’île Saint-Paul, on y exploite la Labradorite, une pierre ornementale avec laquelle on fait des dessus de comptoir, des tuiles pour le plancher et autre produits connexes. Elle est aussi porte-bonheur car, elle est bénie par le Dieu de la Terre et autres divinités. Nous avions pourtant un gri-gri de la sorte l’an passé, lors de notre chavirage. On se serait trompé de divinités? Zut. En sortant de ce labyrinthe d’îles, la carte marine d’une main et l’autre main tenant les jumelles d’approche, on chemine à la vitesse de nos 11 chevaux de notre moteur. Parfois un passage étroit nous avantagera d’une vitesse supérieure de 2 nœuds. Nous avons la marée pour nous, cette-fois-ci. On commence à apercevoir des groupes d’outardes (Bernache du Canada) qui se rassemblent en groupe de 12 à 20 individus. Parfois nous les voyons sur une île en train de brouter l’herbe comme de vraies tondeuses à gazon. Elles s’engraissent au maximum en prévision de la migration qui semblent avoir commencé. Les canards noirs forment maintenant des groupes d’une vingtaine d’individus quant au sternes, elles migrent en famille seulement, des groupes de trois ou quatre individus. On reconnaît facilement les jeunes de l’année avec leur calotte blanche cerné de noir au niveau des yeux. Le soleil se couche dans un merveilleux tableau de couleurs, avec, en ombre chinoise, les îles aux formes arrondies par l’érosion. La lumière est plongeante ce qui a pour effet de donner de très longues ombres. La palette de couleur comprend toute la gamme des jaunes qui se fond dans celle des roses tout en incorporant des gris bleu. Ces couleurs sont difficiles à saisir sur notre appareil numérique qui ne rend pas justice à la beauté du moment. Lundi, le 23 août 2004 (jour 398)Aujourd’hui, débute notre quatorzième mois de navigation sans interruption. Nous maintenons le rythme mais la fatigue commence à se faire sentir. Nous avons tous hâte de toucher notre port d’attache. 01h34 nous tournons l’île Sparcklins et la laissons sur notre tribord. Notre prochaine cible se trouve sous la forme d’un haut-fond situé à 30 milles devant nous et après, seulement après, nous pourrons naviguer dans des eaux pas trop encombrées par des récifs et autres acabits du genre. Nous appelons notre prochaine cible «Break 27» car ce mot utilisé sur les cartes marines signifie : brisant, ou encore : endroit où la mer se brise, déferle dû à la proximité du fond avec la surface. On a donné le chiffre 27 au «waypoint» (cible) parce qu’il a été découvert en 1927 et que notre GPS commence à avoir plusieurs lieux d’appellation du même genre. 08h00 nous avons laissé derrière le «Break 27» et notre prochaine cible prend l’appellation de «White Bear Island» et se situe à 136 milles devant nous. Le long de la côte du Labrador nous retrouvons à tous les 30 à 40 milles de distance une île qui porte l’appellation de «White Bear Island», signifiant : l’île à l’ours polaire. La Basse-Côte-Nord a plusieurs îles avec le même toponyme et la même signification. La pluie a cessé lorsque le soleil a commencé à poindre de derrière ses nuages, soit vers les 09h30. La journée se passe à compter les tours d’hélice du moteur. La mer serait calme si ce n’était de l’éternel houle qui provient de l’Atlantique. Parfois, l’onde est ridée par un faible souffle de vent qui ne dure pas une demi-heure. La majorité des icebergs est «stationnée» sur des hauts-fonds près de la côte. À toutes les heures une petite famille de sternes, 3 ou 4 individus, viennent survoler le bateau en piaillant. Elles font le même cap que nous, plein sud. 22h05 nous avons pris quelques minutes pour remplir la glacière de glace d’iceberg au passage du Cap Harrison. C’est le seul endroit de toute la côte du Labrador, que nous longeons depuis sa pointe extrême Nord, que nous voyons autant d’iceberg. Le chiffre faramineux de cinq icebergs étalés sur deux milles de large. Nous n’avons rien à maintenir au frais, car elle est vide de toute victuailles fraîches. Lors de la cueillette de glace, j’ai pris la posture suivante : la tête et les épaules penchés par-dessus bord, le corps allongé au travers du passavant et les pieds en ballant dans le cockpit. Comme je risquais de glisser à la mer à chaque fois que je voulais soulever un morceau de glace, je demande à Daphné de me retenir par les pieds. Moi je pensais qu’elle allait mettre son poids sur mes pieds afin de contrebalancer la charge que je prenais dans mes mains, comme un levier. Elle, elle comprenait que je lui demandais de me soulever les pieds! Quelle frousse j’ai eu. J’ai vu l’eau de prêt. (Il fallait bien qu’il vive l’excitation de mes cascades pour une fois! Comme dit Charles, si on ne vaut pas une risée, on ne vaut rien. Et bien, Charlène et moi avons bien rigolées. Hehe. - DK) Nous espérons la remplir de nourriture fraîche à Cartwright qui se trouve à 77,5 milles devant nous. À quelques reprises nous avons vu un groupe de dauphins à la nageoire dorsale courbée comme une serpe, faire des pirouettes sur eux-mêmes, en continu. Dix, quinze minutes d’affilées. Ils ne sont pas comme les dauphins rencontrés le long des côtes de l’Europe qui prenaient le temps de s’amuser avec la vague de l’étrave. Ici, ils passent sous le bateau comme des flèches, parfois, ils font deux tours consécutifs du bateau avant de sourdre. Ils sont pratiquement imprenables en photo. Sur les deux dernières heures de quart nous avons pu envoyer les voiles pour appuyer le moteur, ceci nous donne un gain d’un nœud de vitesse. Mais rien pour faire avancer le bateau sous le silence des voiles. Le ciel est couvert à 90% et la mince ligne de ciel clair qui reste se trouve au Nord. Le soleil nous envoie toute sa gamme d’orangé pour colorer la voûte nuageuse. La pluie assombrira le décor pour le reste de la nuit. Mardi, le 24 août 2004 (jour 399)La nuit a été coupée d’averses de pluie et de périodes un peu plus sèches. L’avantage que nous en tirons, c’est qu’il ne fait pas froid. Il faut trouver un avantage à tout. Parfois le vent semble vouloir se mettre à souffler. Nous attendons quinze minutes avant d’aller lever les voiles et le tout redevient calme, sans un souffle. On se croirait dans le Pot au noir (région près de l’Équateur où c’est toujours calme, très peu de vent). 13h00 nous laissons derrière nous la dernière cible qu’était : «White Bear Island» pour maintenant s’engager dans la traversée de la baie Groswater qui occupe une grande partie de «Hamilton inlet» qui fait plus de 45 milles de large. Nous avons emprunté le passage situé entre les îles «Entry et White Bear» du groupe des «Five Island». La pluie tombe en continu. Quelques curieux macareux nous regardent passer. Ils sont plus nombreux que les petits pingouins et les marmettes réunis. De temps à autre on pourra reconnaître un groupe de macreuses, de puffins, de bécasseaux qui viennent couper, de façon furtive, la monotonie des quarts. 16h35 encore 16,5 milles pour tourner le cap Horn de l’île Huntingdon. Hé oui! Encore un cap Horn. La pluie n’a pas cessé de la journée, avec le vent qui arrive de l’arrière qui vient de se lever nous avons envoyé la grand-voile. Pas assez de vent pour monter la voile d’avant. Nous devons maintenir le panneau de descente du carré fermé car la pluie entre à l’intérieur. Nous avons constamment du linge à faire sécher car notre espace vital et fonctionnel est très restreint. Surtout lorsqu’il nous faut sortir notre volumineux attirail de mauvais temps. Aussitôt que nous tournons le cap Horn, nous envoyons la voile d’avant et enfin nous pouvons faire prendre une pause au moteur. Notre vitesse s’améliore du coup. Vive la voile. 22h20 nous frappons nos amarres à une jetée de Cartwright. Notre ami Randy Cahill du «Down North» est en mer pour quelques jours, il représentait la principale raison de notre arrêt ici. Mercredi, le 25 août 2004 (jour 400)Le même rituel de nos arrivée à terre reprend. Soit la recherche de nourriture fraîche et autant que possible, de fruits et légumes verts, les douches et un téléphone. Le bateau est paré et est fin prêt pour son dernier sprint de 500 milles qui le sépare de son port d’attache, Mingan. Nous quittons Cartwright en direction de Blanc-Sablon, au Québec. De là, nous poursuivrons, sans relâche pour tenter de toucher le quai de Mingan, vendredi, le 03 septembre, à 17h00, heure locale. À défaut d’arriver le vendredi, notre temps d’arrivée sera reporté au jour suivant et ainsi de suite. Comme la tenue d’un journal de bord de type informatique n’a plus vraiment sa place, car nous n’arrêtons plus pour visiter ou explorer quoique ce soit, ce texte, est le dernier à être mis sur le site web. Toutes nouvelles communications, se fera via la page d’entrée du site web. Nous sommes disposé à donner des conférences sur notre voyage en fonction des demandes que nous recevrons. Nous vous remercions de nous avoir accompagné par l’entremise de ce journal. Gardez vos rêves en vie car TOUT est possible! À bientôt! L’équipage du Carrick |
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